Chaîne de transmission
ʿAbd ar-Rahman al-Majdhub
1506 – 1568 · Meknès · poète et maître soufi
ʿAbd ar-Rahman al-Majdhub est l'un des poètes populaires les plus connus du Maroc. Ses quatrains en arabe dialectal, aujourd'hui encore cités dans tout le pays, ont donné naissance à de nombreux proverbes. Maître soufi de Meknès, il eut pour disciple Abu al-Mahasin al-Fasi.
Naissance et enfance
Il naquit en mars 1506 au village de Tit, près d'Azemmour. En 1508, il suivit son père à Irgan, près de Meknès. Il grandit dans un milieu soufi : son père avait été l'élève d'Ibrahim Afham al-Zarhuni, lui-même disciple du juriste et maître shadhili Ahmad Zarruq.
Formation
Il étudia d'abord à Meknès, auprès de plusieurs savants (Abu Ruwayin, Ahmad al-Shabih, Saʿid ibn Abi Bakr al-Mishnaza'i, ʿAbd al-Haqq al-Zalliji, Jaʿran as-Sfyani, ʿUmar al-Khattab al-Zarhuni), puis à Fès, notamment auprès de ʿAli as-Sanhaji.
Le « majdhub »
Son surnom, « al-Majdhub » (« l'attiré »), désigne dans la tradition soufie le mystique que l'extase a saisi, et qui vit en marge des conventions sociales. Cet état explique le caractère libre, parfois déroutant, de sa parole.
Les quatrains
Poète populaire, il laissa des quatrains qui mêlent réflexion morale, critique sociale et spiritualité. Ses vers dénoncent l'injustice et les travers de la société et font partie des textes oraux les plus répandus au Maroc. Beaucoup sont devenus des proverbes, comme « le doute est le commencement de la sagesse ».
Héritage
Son disciple Abu al-Mahasin Yusuf al-Fasi fit élever la coupole de sa tombe, à Meknès, et transmit son enseignement par la Zawiya Fassiya de Fès. Son mausolée attire de nombreux visiteurs.
Décès
Il mourut le 26 mai 1568, à 62 ans, au village de Marshaqa, dans la région du Habt.
