Chaîne de transmission
Sidi Ahmad al-ʿAlawi
1869 – 1934 · Mostaganem (Algérie) · fondateur de la ʿAlawiyya
Ahmad al-ʿAlawi est l'un des cheikhs soufis les plus connus du XXe siècle. Cordonnier de formation, il fonda à Mostaganem la ʿAlawiyya, une branche de la voie shadhilie dont le rayonnement s'étendit de l'Algérie à l'Europe. Il est le maître de Mawlay at-Tahir al-Karkari.
Enfance et formation
Ahmad ibn Mustafa al-ʿAlawi naquit à Mostaganem en 1869, dans une famille modeste. Fils unique avec deux sœurs, il ne fréquenta pas l'école mais reçut de son père l'enseignement du Coran, qu'il connaissait presque entièrement par cœur. Il exerça le métier de cordonnier, puis tint une boutique. Très tôt attiré par la vie religieuse, il étudia la théologie et fréquenta plusieurs maîtres.
Le maître al-Bouzidi
En 1894, il rencontra Muhammad al-Bouzidi, cheikh de la voie shadhilie-darqawie, qui l'initia et lui enseigna la récitation collective telle que la pratiquait cette branche. Il resta quinze ans auprès de lui. Encouragé à enseigner, il vit sa boutique devenir un lieu de réunion pour de nombreux disciples.
Succession et voyages
À la mort d'al-Bouzidi en 1909, al-ʿAlawi fut désigné pour lui succéder. Il hésita d'abord, partit quelques mois voyager (Tunis, Tripoli, Istanbul) puis revint à Mostaganem pour diriger la confrérie.
La ʿAlawiyya
En 1914, sa branche prit le nom de ʿAlawiyya et se détacha de la Darqawiyya. Les estimations de ses contemporains lui attribuent plusieurs dizaines de milliers de disciples dès les années 1920, et environ 200 000 à sa mort. Il fut le premier cheikh du Maghreb à compter parmi ses disciples un nombre significatif de convertis européens, parmi lesquels le Suisse Frithjof Schuon, qui séjourna à Mostaganem en 1932 et prit le nom d'Isa Nur ad-Din. L'érudit britannique Martin Lings lui consacra la biographie A Sufi Saint of the Twentieth Century.
Un acteur de son temps
Ahmad al-ʿAlawi utilisa la presse pour diffuser ses idées. Il fonda et dirigea deux hebdomadaires : Lisan ad-Din (1912) et al-Balagh al-Jaza'iri (1926). Il se montra critique à la fois d'un rigorisme fermé et d'une modernité sécularisée, et chercha à concilier foi et modernité. En 1926, il participa à Paris à l'inauguration de la Grande Mosquée.
Œuvre
Il laissa un recueil de poésie (Diwan), des traités de doctrine tels que Mabadi' at-Ta'yid et Dawhat al-Asrar, des invocations (Munajat) et un long commentaire, la Minah al-Quddusiyya.
Décès et héritage
Il mourut le 14 juillet 1934 à Mostaganem. La ʿAlawiyya est restée active en Algérie, en France et dans plusieurs autres pays. Pour l'Ordre soufi Karkariya, il est le maître de Mawlay at-Tahir al-Karkari.
