Chaîne de transmission
Mawlay al-ʿArbi ad-Darqawi
1760 – 1823 · Bani Zarwal, près de Fès · fondateur de la Darqawiyya
Mawlay al-ʿArbi ad-Darqawi renouvela la voie shadhilie au Maghreb et donna son nom à la Darqawiyya, l'une des confréries les plus influentes du Maroc au XIXe siècle. Ses lettres, qui décrivent avec simplicité la pratique du dhikr, ont été largement diffusées et traduites.
Origines
Muhammad al-ʿArbi ad-Darqawi naquit en 1760 chez les Bani Zarwal, dans les montagnes au nord de Fès. Sa famille était chérifienne (hassanide-idrisside), installée parmi les populations berbères de la région.
Le maître ʿAli al-Jamal
À Fès, il fut le disciple de ʿAli al-Jamal, maître shadhili, auprès de qui il suivit une formation exigeante. Il lui succéda à sa mort en 1779-1780.
Un renouveau de la voie shadhilie
Il insistait sur le détachement des biens matériels et sur la pratique régulière du dhikr sous la conduite d'un maître. Sa pédagogie était simple et directe. Après sa mort, la Darqawiyya fut organisée autour de son enseignement, avec des disciples venus de tous les milieux. Elle devint la confrérie la plus influente du Maroc avant d'essaimer en Algérie et en Tunisie.
Les lettres
Ses lettres adressées à ses disciples (fuqara') portent sur la pratique du dhikr et la conduite de la vie quotidienne. Compilées par lui-même puis copiées et imprimées à Fès sous forme lithographiée, elles ont été traduites en anglais sous les titres Letters of a Sufi Master et The Darqawi Way.
Rapports avec le pouvoir
Le sultan Mawlay Sulayman (r. 1792-1822) le fit emprisonner, soupçonnant sa confrérie de soutenir des révoltes ; il fut libéré sous le règne de Mawlay ʿAbd ar-Rahman. Entre 1803 et 1805, des membres de la Darqawiyya jouèrent un rôle dans les soulèvements de l'ouest algérien contre le pouvoir ottoman d'Oran.
Disciples et postérité
Parmi ses disciples, Muhammad Buziyan al-Gharisi rédigea après sa mort le Kanz al-Asrar, source principale sur sa vie. Il mourut en 1823 ; son tombeau se trouve à Bou Brih, dans le Rif. De la Darqawiyya sont issues plusieurs branches, dont celle d'al-Bouzidi et, par lui, la ʿAlawiyya de Mostaganem.
